9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 16:06
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Chères lectrices, chers lecteurs, bonjour !

Le restaurant La Paix est situé au 49, rue Ropsy-Chaudron, juste en face de l'entrée des abattoirs à Anderlecht. Cette adresse bruxelloise de référence consiste en une salle unique, avec bar à droite et cuisine ouverte au fond. Elle a conservé son style d'époque, avec un service bon enfant à l'avenant, brasserie oblige ! Les tables sont très rapprochées, et l'ambiance pas vraiment feutrée. L'accorte patronne nous prend en charge avec verve, et nous optons pour le grand menu surprise 7 services (85 euros pp.).

Nous entamons les réjouissances par une coupe de champagne, rosé pour elle à 13 euros, et brut pour lui à 12. De quoi patienter agréablement en attendant le premier service. Le pain qu'on nous sert dans l'intervalle est délicieux, tout chaud et offrant une saveur authentique, qui augure bien de la suite.

Nous accompagnerons notre repas d'un Domaine Bernard Bonin Bourgogne Initiales B.B. 2001, un vin au nez d'agrumes et de noisettes, avec une longue finale, facturé 40 euros. Il nous séduit et remplira bien son office durant tout le repas.

La première assiette arrive : bisque d'étrille chaude avec crème de café froide. Les saveurs sont affirmées et se succèdent : d'abord le café, puis l'étrille. Une combinaison particulièrement heureuse.

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Bisque d'étrille et crème de café

 

Pour suivre, un fromage corse doux avec une sardine, préparations de grenade, cerise bigarreau de Provence séchée sur l'arbre, gelée de bergamote et oseille. Une préparation toute en douceur, qui prend sa pleine dimension en combinant simultanément tous les éléments, rehaussée par le croquant des graines de grenade qui éclatent en bouche.

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Fromage doux et sardine

 

Le plat suivant est une peau de cochon en rouleau, accompagnée de poireaux rôtis dans le four au feu de charbon, avec un blanc de seiche et un veau de Corrèze à la bette et anguille fumée, et jus. Nous apprécions la combinaison audacieuse de la seiche et des viandes. Côté textures, le rouleau de peau de cochon apporte un croquant qui vient contrebalancer le moelleux du veau. Les poireaux rôtis au charbon sont excellents de saveur et de tendreté. 

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Peau de cochon, veau et seiche

 

Cette préparation est suivie d'une langoustine bretonne crue avec soufflé de langoustines, cuite dans la graisse de rognon, avec daiku au miso, et bouillon tiède de langoustines parfumé à l'huile de laurier. Il s'agit d'un plat particulièrement goûteux, l'huile de laurier donnant le ton et, combinée au bouillon de langoustines, évoque même une saveur d'artichaut. Le petit soufflé est délicieusement fondant, créant l'équilibre avec le croquant du reste du plat.

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Langoustine

 

Ensuite, nous recevons une tempura de petits-gris, sur lit de persil, ail et pain. Les quatre petits-gris servis côte à côte dans l'assiette sont absolument parfaits : une robe délicieusement croquante qui cache un coeur tendre à souhait. Le lit de persil est très savoureux.

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Petits-gris

 

Le plat suivant est un maquereau mariné à la japonaise dans du moût de saké, avec bouillon, radis et tranche de racine. Le maquereau est magnifié par sa préparation, et extrêmement bien mis en valeur à la fois par le bouillon et les végétaux qui l'accompagnent.

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Maquereau mariné

 

La succession d'entrées étant terminée, nous recevons un verre de Côtes du Rhône maison (facturé 4 euros) pour accompagner le seul et unique plat de viande du repas, en l'occurrence une côte de bœuf Simmental mûrie 30 jours et cuite au four à charbon, servie avec jeunes poireaux, navet jaune, petit croustillant de gruyère-parmesan, et frites belges. La viande est tendre et goûteuse, parfaitement affinée et rehaussée par la cuisson au charbon. Nous retrouvons avec plaisir les tronçons de poireau, surmontés cette fois d'une tranche de navet jaune. Les frites, servies à part, sont à la hauteur.

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Bœuf Simmental

 

Ceci nous amène au premier dessert, un sablé breton surmonté d'un parfait glacé au yuzu, accompagné d'une préparation à base de sésame, yuzu et miso. Nous commençons par le parfait, tout en délicatesse, avant d'aborder la petite préparation foncée, au goût très concentré. L'ensemble est servi sur un morceau de bois de yuzu.

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Dessert au yuzu

 

Nous voici arrivés au dernier service du menu, un biscuit à l'orange avec sorbet de cacao amer, kéfir, crème de fruits de la passion et mandarine. Un dessert équilibré pour clôturer ce magnifique repas.

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Dessert au chocolat

 

En résumé, nous avons beaucoup apprécié notre soirée à La Paix. Malgré l'ambiance brasserie, l'établissement mérite amplement son étoile, car nous avons dégusté une succession de préparations inventives, toujours justes, équilibrées et succulentes. Le prix de 85 euros pour un tel menu force le respect, et nous pouvons parler de très bon rapport qualité-prix. Le bourgogne blanc conseillé par le sommelier était judicieusement choisi. L'addition finale s'élevait à 243 euros pour deux, et nous semble tout à fait justifiée au vu de la qualité et du nombre de préparations.  Nous reviendrons pour tester l'établissement dans une autre optique, à savoir la simple dégustation d'une pièce de viande, qui reste sa réputation première.

Faut-il aller à La Paix ? Séance tenante, selon notre avis enthousiaste. Toutefois, sachant que l'établissement n'est ouvert que le midi en semaine, et seulement le vendredi en soirée, une réservation paraît s'imposer si on désire s'y rendre le soir.

Catherine et Daniel

 

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Publié par tables-et-voyages - dans Restaurants étoilés
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