29 octobre 2018 1 29 /10 /octobre /2018 20:08
Quelques jours en Sicile baroque

Vendredi 19 octobre

Nous décollons de Zaventem à 9h15 du matin pour un premier vol Alitalia à destination de Milan, que nous quittons à 14h15 pour atterrir à Catane à 16 heures (170 euros aller-retour). Une fois sur place, nous passons chez Hertz et prenons possession de notre Fiat 500 flambant neuve (45 euros par jour). Nous voilà partis sur les routes siciliennes en direction de Noto, à 90 km de là, où nous avons réservé une chambre au Borgo Alveria (126 euros la nuit). On atteint l’endroit en empruntant une route étroite et cahotante qui serpente entre des murets de pierres à travers les vestiges de Noto antica. L’hôtel est un ensemble de bâtiments aménagés sur le site d’un ancien monastère de Noto antica, détruit par le tremblement de terre de 1693. Les chambres sont joliment aménagées dans les murs de pierre d’origine, ce qui leur confère beaucoup de charme.

Notre hôtel, le Borgo Alveria

Notre hôtel, le Borgo Alveria

Quelques jours en Sicile baroque

Comme il est déjà tard et que l’hôtel ne possède pas de restaurant, nous partons prendre notre repas du soir à la Masseria degli Olivi, une ferme convertie en hôtel et proposant un joli restaurant voûté proposant une cuisine locale ‘0 km’. Nous optons pour une assiette de dégustations de fromage, pains aux tomates, saucisson, etc. pour l’un et une préparation de poulpe pour l’autre, suivis, respectivement, de linguine aux coques et d’un poulet à l’orange, le tout arrosé d’une bouteille de Nero d’Avola (la ville d’Avola n'est qu'à quelques kilomètres de là!). Le repas est de très bonne qualité et l’addition assez légère (79 euros pour deux).

Samedi 20 octobre

Après une bonne nuit dans le silence parfait de Borgo Alveria, nous prenons notre petit déjeuner à l’hôtel, puis partons visiter le site de Noto antica proprement dit, constitué de quelques ruines d’un ancien château, d’une multitude d’églises et de maisons, le tout dans un joli parc naturel.

Noto antica, maisons troglodytes

Noto antica, maisons troglodytes

Nous tentons ensuite de nous rendre à la réserve Cavagrande, un canyon avec de petites piscines naturelles, quelques habitations troglodytes et une nécropole datant de l’âge de bronze. Malheureusement, l’état de la route inondée en raison de fortes pluies qui se sont abattues sur la région quelques jours auparavant nous empêche d’y accéder. Nous poursuivons donc jusqu’à la ville actuelle de Noto, un musée baroque à ciel ouvert. Plusieurs architectes ont reconstruit la ville après le tremblement de terre de 1693, ce qui explique son uniformité stylistique. La ville est du reste classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

Notre premier point de chute est le Caffè Sicilia, un établissement dont nous eu connaissance grâce à ‘Chef’s Table’, une série Netflix consacrée aux grands chefs. Il s’agit en l’occurrence d’une pâtisserie (la meilleure de Sicile, dit-on) servant les meilleurs ‘granite con brioche’ et cannoli. De fait, nos granités aux amandes sont succulents, de même que les laits d’amande qui les accompagnent (19 euros pour deux).

Nous passons ensuite un bon moment à sillonner les rues de la ville, en commençant par la partie haute. Sous le soleil d’octobre et sans la foule estivale, il fait bon se promener dans ces rues aux vieux bâtiments de pierre ocre.

Noto

Noto

Quelques jours en Sicile baroque

Pour le reste de l’après-midi, nous nous rendons sur la côte, que nous longeons vers le sud. Nous passons par San Lorenzo, puis Marzamemi, un très joli petit village de pêcheurs au charme incontestable.

Le village de Marzamemi

Le village de Marzamemi

Nous poursuivons jusqu’à Portopalo di Capo Passero, dont l’intérêt réside dans la jolie promenade longeant la mer, avec une vue sur l’Île des Courants, inhabitée aujourd’hui.

Portopalo di Capo Passero et l'île des Courants

Portopalo di Capo Passero et l'île des Courants

La nuit tombant, nous reprenons la route de Noto, où nous avons réservé une table au Crucifisso, un établissement proposant une cuisine traditionnelle revisitée, dans un cadre sobre et moderne. Nous optons pour le menu dégustation en 8 services, proposé à 60 euros, que nous décidons d’accompagner d’un assortiment de vins de Sicile. Nous recevons successivement une dégustation à base de thon, une déclinaison de pain, panelle, gambas rose et ricotta au citron, une préparation de poulpes, épinards, purée de pommes de terre aux câpres et croquant au noir de seiche, une composition de fromage, moules au poivre et asperges, une assiette de linguine aux crevettes, un plat de sériole à la matelote, une glace aux mûres sur lit de crème aigre en guise de pré-dessert, puis un cannoli avec glace à la pistache et un tiramisu ultra-léger pour couronner le tout. Cette cuisine est de haute tenue, et nous nous étonnons du fait qu’elle ne soit pas déjà étoilée. Quant aux vins, ils nous surprennent également par leur qualité et leur diversité. L’addition totale s’élève à 100 euros par personne, ce qui est loin d’être excessif pour la remarquable qualité de tout ce qui nous a été servi. Dans la nuit tombée, nous regagnons tant bien que mal notre hôtel par une petite route sinueuse de campagne, et il est plus de minuit lorsque nous nous glissons sous la couette.

Dimanche 21 octobre

Nous nous réveillons assez tard et partons prendre notre petit déjeuner-lunch au Caffè Sicilia, où nous nous régalons de pâtisseries et de lait d’amande.  Nous reprenons notre petite Fiat 500 pour nous rendre à Syracuse, à une petite quarantaine de kilomètres de là. Nous commençons par chercher le grand parking Talete, car la circulation sur l’île d’Ortygie (la partie intéressante de la ville) est strictement réglementée. Notre voiture garée, nous partons à pied à la découverte de ce quartier historique marqué de l’empreinte des civilisations qui s’y sont succédé : baroque, grec, romain, gothique catalan... Montand n’aurait pas dû chanter sa chanson, car nous voilà quelque peu déçus par l’image générale de la ville, fortement délabrée et générant une impression de décrépitude, voire d’abandon. Heureusement, la Piazza Duomo, bordée de beaux bâtiments clairs, nous réconcilie quelque peu avec la ville.

Syracuse

Syracuse

Quelques jours en Sicile baroque

Nous récupérons notre voiture et c’est avec un sentiment mitigé que nous prenons la direction de Palazzolo Acreide, une petite ville située à une quarantaine de kilomètres de Syracuse. Comme Noto et d’autres villes de la région, elle a été reconstruite après le tremblement de 1693 et arbore donc une belle unité stylistique baroque. Malgré le manque d’entretien, notre impression générale est plus positive. La ville comporte également une partie médiévale en hauteur, offrant une belle vue sur la ville, ses édifices et ses toits de tuiles.

Palazzolo Acreide

Palazzolo Acreide

Pour notre repas du soir, nous décidons de retourner à Noto, où nous optons pour le restaurant Il Cantuccio, situé dans l’aile d’un palais. Malheureusement, la cuisine n’est pas à la hauteur des allégations du Routard, et nous sommes déçus par nos plats, une salade de poulpe et une soupe de poisson pour l’un, suivis d’un flan d’aubergine et de coryphène tomaté pour l’autre. Le tout est assez fade, pour une addition qui s’élève tout de même à près de 50 euros par personne, vin et café compris.

Lundi 22 octobre 

Nous quittons notre hôtel vers 10h30 pour la ville de Raguse, elle aussi classée au patrimoine mondial de l’UNESCO et située à une cinquantaine de kilomètres de là. Nous suivons les conseils de notre GPS, qui nous fait emprunter de charmantes petites routes départementales, sinueuses et boueuses, si bien qu’il nous faut un certain temps pour arriver à destination. Enfin arrivés, nous garons notre voiture dans la ville haute, où nous commençons par prendre notre petit déjeuner-lunch au Caffè Italia. Nous nous sustentons de cannoli et cappuccini, suivis par une bonne glace. Nous voilà requinqués pour entreprendre la visite de Ragusa Superiore, avec la cathédrale Saint-Jean Baptiste, après quoi nous entamons la descente vers Ragusa Ibla, la ville basse, et empruntons la scalinata, un escalier de 250 marches serpentant entre églises et bâtiments historiques baroques et offrant également de superbes points de vue sur la ville basse. Une fois arrivés en bas, nous découvrons la jolie place du Duomo San Giorgio, où nous nous installons le temps d’un cappuccino, puis poursuivons jusqu’au giardino Ibleo, un agréable parc planté de palmiers.

Raguse

Raguse

Quelques jours en Sicile baroque

Il est temps de regagner la ville haute, ce que nous faisons d’un coup de taxi, qui nous ramène jusqu’à notre voiture pour 10 euros. Nous décidons de continuer jusqu’à la ville de Modica, située à une vingtaine de de là. Cette ville baroque également classée se présente comme une forêt de toits de tuiles grimpant sur les flancs d’un vallon. On y trouve notamment le duomo San Giorgio, un des plus beaux de Sicile. Le jour déclinant, il est temps de reprendre la route de Noto, que nous espérons moins longue cette fois-ci...

Modica

Modica

Après un bref repos à l’hôtel, nous réservons une table au Manna, qui propose une authentique cuisine sicilienne de bon niveau dans un cadre plutôt moderne. Nous y dégustons des pâtes ainsi que deux préparations de poissons, le tout arrosé d’un vin blanc de l’Etna. Nous terminons par un café et réglons notre addition, d’une cinquantaine d’euros par personne.

Mardi 23 octobre

Nous nous levons à 6h30 car nous devons rejoindre Catagne pour notre vol de 10h40 à destination de Milan. Nous restituons notre voiture sans encombre à l’aéroport, puis apprenons que notre vol à destination de Milan est annulé. On nous propose alors un vol sur Rome, puis une correspondance pour Bruxelles, où nous arrivons quelques heures plus tard que prévu.

En conclusion, ces quelques jours en Sicile au mois d’octobre ont été une petite parenthèse estivale dans une région très intéressante sur le plan architectural, naturel et gastronomique. L’ambiance y est paisible et authentique. Une escapade qui, malgré certaines villes un peu délabrées, nous a donné l'envie de découvrir d’autres parties de l'île.

Catherine et Daniel

Quelques jours en Sicile baroque

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