31 août 2025 7 31 /08 /août /2025 11:25
Voyage en Chine - 2: Shanghai, Beijing

Mardi 22 juillet

Suite aux conseils de notre chauffeur, nous nous réveillons tôt, vers 6 heures, car nous devons rejoindre la gare de TGV qui se trouve à près de quarante minutes de route de notre hôtel, et qu'il convient de prévoir une marge de sécurité. À la Shanghai Hongqiao Railway Station, toutes les étapes de contrôle et d'accès au quai se font sur seule présentation du passeport. Comme nous le constaterons au cours de notre voyage, ce sésame unique est exigé dans pratiquement tous les cas de figure : accès aux sites touristiques et aux spectacles, achats de tickets d'entrée, départs de navettes, embarcadères, etc. Le code de notre train (en l'occurrence, le G6) s'affiche sur un grand tableau, suivi du numéro du quai d'embarquement. Nous patientons tranquillement en salle d'attente et, environ 20 minutes avant le départ du train, l'accès au quai est autorisé. Il ne nous reste plus qu'à repérer le numéro de la voiture, et celui des places qui nous sont réservées. Il est 8 heures du matin et le train démarre, très exactement selon l'horaire prévu.

À 12h24, pile à l'heure, notre TGV s'arrête au terminus de la ligne, la Beijing South Railway Station. Nous peinons un peu à trouver notre chauffeur, qui nous attendait à une autre sortie. Nous prenons place dans une confortable 'Build Your Dreams' et entamons notre première journée de visite. Il nous faut une bonne demi-heure de route pour rejoindre le Palais d'Été, au nord-ouest de la ville. L'entrée coûte 60 yuans (un peu plus de 7 euros)... , mais est entièrement gratuite pour les plus de 60 ans, comme Daniel ! Le Palais d'Été est considéré, à juste titre, comme l’un des sites les plus impressionnants de Pékin. À peine l’entrée franchie, on est saisi par l’immensité des lieux : un vaste lac bordé de collines, parsemé de pavillons et de temples aux toits colorés, le tout s'étendant sur près de 3 km2. La chaleur est écrasante, mais la beauté des lieux fait vite oublier l’effort des marches menant à la Colline de la Longévité, d’où l’on découvre un panorama superbe sur l’ensemble du domaine. Nous longeons ensuite la célèbre galerie couverte, dont chaque poutre est décorée de peintures délicates, avant d’apercevoir le fameux bateau de marbre posé comme une fantaisie sur l’eau. Après trois heures et demie de déambulation, force est de se rendre à l'évidence : une journée entière serait nécessaire pour explorer ce chef-d’œuvre des jardins impériaux chinois.

Panorama du Palais d'Été

Panorama du Palais d'Été

Nous nous rendons ensuite au parc Beihai, en plein centre de Pékin. Ce autre jardin impérial vieux de plus de 10 siècles, certes moins vaste (68 hectares) que le Palais d'Été, est néanmoins tout aussi impressionnant de beauté et d'harmonie paysagères. Ici également, un lac est entouré de temples, jardins et pavillons aux toits vernissés. Nous visitons une bonne moitié du parc, profitant de la fraîcheur de l’eau toute proche. De nombreuses jeunes Pékinoises vêtues de ravissants costumes traditionnels posent pour des photos, et leurs silhouettes évocatrices d'un temps passé ajoute encore à la magie des lieux.

Au parc Beihai

Au parc Beihai

Voyage en Chine - 2: Shanghai, Beijing

Au centre du lac, un grand chörten blanc impose sa silhouette au sommet de l'île Qionghua. Nous nous offrons une petite promenade en bateau sur le lac, ce qui permet d'admirer le paysage sous d'autres angles. Nous terminons cette agréable visite par deux délicieux thés glacés, puis reprenons la voiture en direction du nord de la ville.

Nous sommes un peu en avance pour la séance du spectacle Lao She Tea House, que nous avions réservé. Nous en profitons pour retirer de l'argent au distributeur avant de nous promener au hasard des rues environnantes. Petits et grands restaurants se succèdent par dizaines, dans un joyeux foisonnement d'enseignes lumineuses multicolores, emplissant les rues d'appétissantes senteurs. Si nombreux soient-ils, ces établissements fonctionnent à plein. Les Chinois mangent volontiers au restaurant : les menus sont variés et l'addition, peu onéreuse. Nous revenons au théâtre, un joli pavillon de trois étages dont l'aménagement fait le lien entre tradition classique et confort moderne. Le rez-de-chaussée abrite une exposition d'objets raffinés, notamment de magnifiques théières antiques vendues à plusieurs milliers d'euros, certificat d'authenticité à l'appui. Nous montons au dernier étage pour découvrir une grande salle où les tables sont dressées face à la scène. On nous installe, et nous recevons du thé accompagné d'un assortiment de petits biscuits et de fruits frais. D'une durée de 90 minutes, le spectacle est un tourbillon de numéros divers et variés : danseuse, conteur, marionnettiste, acrobate, jongleur, lutteurs, duo de joute verbale...

Marionnettiste du Lao She Tea House

Marionnettiste du Lao She Tea House

Toutes ces performances sont de haute qualité, le spectacle est particulièrement bien rôdé et nous profitons pleinement de l'expérience avant de retrouver notre chauffeur qui nous conduit à notre hôtel, le Jingshan Garden Hotel, un havre de paix en plein centre de Pékin. Idéalement située pour visiter les principales attractions de la ville, cette adresse allie charme traditionnel et ambiance intimiste.

Mercredi 23 juillet

Nous prenons un petit déjeuner chinois à l'hôtel : soupe de riz, dimsums, fruits, légumes, œufs et thé. Il est 8h30 du matin lorsque nous rejoignons notre chauffeur et notre guide du jour, et partons en voiture en direction de la place Tian’Anmen. L'accès à la place proprement dite se fait via un poste de contrôle, et la file pour y accéder est considérable. Nous piétinons pendant plus d'une heure trente, tandis que la température dépasse allègrement les trente degrés... Nous passons deux contrôles successifs, avec fouille des bagages et des vêtements. Cette célèbre place, une des plus vastes du monde, peut accueillir jusqu’à un million de personnes. Cette immense étendue est limitée au sud par la porte Zhengyang et au nord par la porte de La Paix Céleste, ornée du célèbre portrait de Mao Zedong. Plusieurs grands monuments et bâtiments officiels y sont érigés, dont le Mausolée de Mao, le Musée national de Chine et le Palais de l'Assemblée du Peuple. Impressionnant par ses dimensions colossales, ce lieu avant tout symbolique et politique se visite néanmoins assez rapidement.

L'immense place Tian'Anmen

L'immense place Tian'Anmen

Depuis la place, nous pénétrons directement dans la Cité interdite, vaste palais impérial construit sous la dynastie Ming au 15e siècle et cœur historique de Pékin. Protégé par de hautes murailles et un large fossé, le palais s’étend sur près de 72 hectares et abrite 980 bâtiments. En franchissant la porte méridionale, on découvre une succession de cours monumentales et de salles grandioses, qui servaient autrefois aux cérémonies officielles et aux affaires de l’État. 

Cité interdite

Cité interdite

Au fur et à mesure de la progression, l’architecture devient plus intime, révélant les résidences privées des empereurs et de leur famille. Les toits dorés, les colonnes rouges et les décorations symboliques témoignent du raffinement et de la puissance de la Chine impériale. La visite se termine par l’ascension de la colline du Charbon dans le parc Jingshan voisin. Au sommet, le pavillon Wanchun offre une incroyable vue panoramique sur l’ensemble du palais et l'axe central de la capitale. Nous redescendons, moins épuisés par l'effort physique que par la chaleur écrasante, retrouvons avec bonheur l'air conditionné de notre véhicule et prenons la route en direction du Temple du Ciel.

Érigé au sud de Pékin dans le quartier de Xuanwu, le Temple du Ciel est l’un des ensembles architecturaux les plus emblématiques de la Chine impériale. Édifié au 15e siècle à l'instar de la Cité interdite, il servait de lieu de culte et de sacrifices lors des célébrations dédiées aux autorités célestes. Son pavillon principal, la majestueuse Salle des prières pour la bonne moisson, se distingue par son toit circulaire bleu à triple étage et ses colonnes symboliques. L'empereur s'y rendait annuellement lors des cérémonies consacrées aux bonnes récoltes.

Salle des prières pour la bonne moisson

Salle des prières pour la bonne moisson

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le complexe s'étend sur près de 270 hectares et abrite de nombreux temples entourés de jardins et d’esplanades. Nous nous y promenons un bon moment, admirons l'architecture hautement symbolique des bâtiments ronds avec tuiles bleues, dédiés au ciel, et des enceintes carrées aux tuiles vertes, représentant la terre.

Notre chauffeur nous emmène ensuite au Théâtre OCT, dans le district de Chaoyang, à l'est de la ville et au bord du parc d'attraction Happy Valley. Nous y avons réservé nos places pour la séance de 17h30 du Golden Mask Dynasty Show, une grande fresque scénique inspirée d’une légende ancienne du Sichuan, centrée sur une reine au masque d’or et son royaume. Mis en scène avec des moyens impressionnants, le spectacle mêle projections visuelles, jeux de lumière, effets aquatiques, acrobaties et chorégraphies spectaculaires. Les costumes richement colorés et les décors changeants créent l'univers grandiose et magique d'un conte visuel. Si Daniel y voit avant tout un gigantesque déploiement d’effets, aussi extraordinaire que superficiel, Catherine apprécie la démesure et la beauté plastique d'un spectacle unique en son genre.

Spectaculaire effet aquatique

Spectaculaire effet aquatique

Pour notre repas du soir, nous nous rendons au Huaiyang Fu, un restaurant étoilé Michelin et largement récompensé par d'autres guides culinaires ainsi qu'en témoigne un mur entier de plaques et autres distinctions, à l'entrée de l'établissement. Nous commandons à la carte une série de plats savoureux : crabe avec sauce au vin, poisson à la vapeur, porc fondant en sauce brune accompagné de haricots sabre, dimsums 'shepherd's purse' et riz sauté. Nous accompagnons ces assiettes d'une bouteille de Changyu, un vin rouge élaboré à partir de cabernet gernischt. Le dessert, offert, est un smoothie à la mangue et au tapioca. Si nous n'atteignons pas le raffinement du Canton Table de Shanghai, nous nous régalons néanmoins de ces préparations aussi diverses que soignées. L'addition s'élève à environ 140 euros pour deux, dont 40 euros de vin. Il est 22 heures lorsque nous regagnons notre hôtel, à l'issue d'une journée bien remplie.

Dimsums 'shepherd's purse'

Dimsums 'shepherd's purse'

Jeudi 24 juillet

Nous prenons le même petit déjeuner chinois à l'hôtel avant de retrouver notre chauffeur, comme prévu, à 9 heures du matin. Il faut environ 90 minutes de voiture pour rejoindre le point d'accès de la section Mutianyu de la Grande Muraille, à 70 km au nord-est de Pékin. Arrivés au parking, nous prenons une navette, puis un téléphérique qui nous dépose juste au pied de la Grande Muraille proprement dite. La section Mutianyu, longue d’environ 2,5 km, fut édifiée pour la première fois au 6e siècle, mais reconstruite sous sa forme actuelle en 1569. Moins fréquentée que la section Badaling, elle est réputée pour ses nombreux miradors et ses remparts crénelés des deux côtés. Par temps clair, la muraille semble s’étendre à l’infini, serpentant au milieu de collines boisées, mais nous subissons aujourd'hui notre premier jour de pluie, plus exactement de bruine persistante. Le paysage est noyé dans un coton fantomatique, et la visibilité ne s'étend pas au-delà de 50 mètres...

La Grande Muraille dans la brume

La Grande Muraille dans la brume

Nous nous promenons néanmoins sur la muraille, et franchissons plusieurs miradors de part et d'autre du point d'accès. La prudence est de mise par ce temps humide : les dénivelés sont relativement importants, et les marches inégales parfois hautes d'un demi-mètre. Après une bonne heure de déambulation, nous reprenons le téléphérique, puis la navette, et retrouvons notre chauffeur sur le parking.

De retour à Pékin, notre chauffeur nous dépose dans les hutongs. Ces quartiers traditionnels sont nés sous la dynastie des Yuan, il y a plus de 700 ans. Un lacis de ruelles étroites dessert les siheyuan, maisons à cour carrée où vivaient plusieurs générations d'une même famille. Si beaucoup de hutongs ont disparu au profit d’avenues et d’immeubles modernes, certains ont néanmoins été préservés ou restaurés. Nous louons les services d'un cyclo-pousse qui propose un circuit culturel d'une petite demi-heure (300 yuan pour deux, soit 36 euros), et déambulons tranquillement parmi ces charmantes ruelles où cohabitent intimité domestique et effervescence urbaine. À l'issue de ce circuit, nous dégustons une bien rafraîchissante glace aux haricots mungo, avant de rejoindre notre chauffeur.

Hutongs au bord de l'eau

Hutongs au bord de l'eau

Fondé en 1864, le Quanjude est l’adresse de référence absolue pour déguster le célèbre canard laqué. La volaille est préparée selon une recette impériale transmise depuis plus de 150 ans, consistant à rôtir le canard entier dans un four ouvert alimenté au bois de fruitier, ce qui lui confère sa peau fine et croustillante et sa chair particulièrement tendre. Le rituel de service fait partie de l'expérience : le canard est découpé en fines tranches artistement déposées dans plusieurs plats. Les convives roulent ensuite chaque tranche dans une crêpe de riz accompagnée de sauce hoisin, oignons verts et condiments. S'il existe aujourd'hui plus de 50 adresses Quanjude de par le monde, notamment au Canada et à Lisbonne, tout le prestige reste attaché à l’adresse originelle de la rue Qianmen. Le canard que nous y dégustons, accompagné de bière et de huangjiu, vin de céréale traditionnel chinois, est tout simplement sublime.

Canard laqué du Quanjude

Canard laqué du Quanjude

L'heure est venue de nous rendre au Zhengyici Peking Opera Theatre, que nous rejoignons à pied en moins de deux minutes. Édifié au 17ᵉ siècle sous la dynastie Qing, il est l'un des plus anciens théâtres en bois de Chine. Construit sur le site d'un temple taoïste, il se dégage de ce haut lieu de la culture traditionnelle chinoise une atmosphère solennelle et raffinée. Nous assistons à une représentation du Pavillon aux pivoines, une pièce écrite en 1598 par le dramaturge Tang Xianzu. L’œuvre raconte l’histoire de Du Liniang, une jeune fille qui rêve d’un amour si intense qu’il la consume et la mène à la mort… avant qu’elle ne renaisse grâce à la force de ce sentiment. Nous ne comprenons rien au texte, mais sommes absolument fascinés par les chants raffinés, les gestes codifiés et l'esthétique élégante de ce spectacle de kunqu, la plus vieille forme d'opéra chinois encore jouée. Nous sortons du théâtre à 21h30, et  notre chauffeur nous ramène à notre hôtel pour notre dernière nuit pékinoise.

Au Zhengyici Peking Opera Theatre

Au Zhengyici Peking Opera Theatre

Voyage en Chine - 2: Shanghai, Beijing
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