Vendredi 25 juillet
Nous quittons le Jingshan Garden Hotel à 6h30 du matin. Notre chauffeur nous emmène à la gare de Pékin ouest, où nous montons à bord du TGV numéro G1591, qui démarre à 8h27. Trois heures et cinquante-neuf minutes plus tard, nous arrivons en gare de Luoyang-Longmen, notre destination. Le chauffeur et le guide qui nous attendent à la sortie de la gare n'ont aucune peine à nous identifier : nous sommes les seuls Non-asiatiques visibles à la ronde !
Notre première étape est pour le splendide musée de Luoyang, un vaste bâtiment épuré qui propose une rétrospective de l’histoire chinoise, depuis la préhistoire jusqu’à la dynastie Tang. On y admire de splendides bronzes rituels, des poteries de la culture néolithique, des sculptures bouddhiques ainsi que de délicates pièces en jade. Ce remarquable musée nous impressionne par l'abondance et la qualité des artefacts présentés, particulièrement bien mis en valeur. Nous nous émerveillons devant le raffinement de ces nombreux objets, certains datant de plusieurs millénaires avant notre ère.
Nous partons ensuite pour le temple du Cheval blanc, considéré comme le premier temple bouddhiste de Chine. Fondé en 68 apr. J.-C. sous la dynastie Han, ce temple doit son nom au cheval qui, selon la tradition, aurait transporté les premiers soutras bouddhiques depuis l'Empire kouchan, guidé par les deux moines indiens dont les tombes sont érigées à l'entrée du temple, juste après le portique. Le site se déploie sur près de 13 hectares. De nombreux pavillons sont alignés selon un axe nord-sud, et abritent pour la plupart des effigies du bouddha, de bodhisattvas et autres arhats.
Nous quittons le temple pour les rues du centre de la vieille ville, bordées d'échoppes et de stands de nourriture en tout genre. Nous nous y promenons un bon moment, goûtons diverses petites préparations proposées à la dégustation, notamment de succulents petits gâteaux aux fleurs de pivoine, appelés mudanbing. La pivoine est du reste la fleur emblématique de Luoyang, associée à la ville par une légende remontant au 7e siècle. Chaque année, au début du printemps, Luoyang accueille le festival des pivoines. Les parcs de la ville se parent des couleurs vives et du parfum subtil de milliers de fleurs fraîchement écloses.
Nous mettons le cap sur notre hôtel, le Jing'an Peony Plaza, une adresse standard, pratique et confortable. Pour le repas du soir, nous prenons place dans un établissement basique du quartier de l'hôtel, choisi au hasard parmi les dizaines d'autres qui l'entourent. Faute d'autre moyen de communication, nous commandons en désignant les photos des plats qui ornent les murs, et recevons de savoureuses nouilles au bœuf et au foie de porc, ainsi qu'une soupe aux haricots rouges, le tout servi en portions plus que généreuses.
Samedi 26 juillet
Pour le petit déjeuner à l'hôtel, nous montons au 25e étage et découvrons le gigantesque buffet circulaire d'un restaurant panoramique tournant. Le choix des mets est conséquent, mais la qualité plutôt moyenne. Nous rejoignons notre guide au rez-de-chaussée de l'hôtel, puis partons en voiture pour les grottes bouddhistes de Longmen, situées à 12 kilomètres au sud de Luoyang. Classé depuis 2000 au patrimoine mondial de l’UNESCO, le site regroupe plus de 2 300 grottes et niches, creusées à flanc de falaise. On y dénombre plus de 100 000 statues de Bouddha et de bodhisattvas, datant pour la plupart des dynasties Wei du Nord et Tang. Ces sculptures, dont la taille varie de quelques centimètres à 17 mètres pour la plus grande, témoignent d’un raffinement exceptionnel, alliant spiritualité et maîtrise artistique. Un grand nombre de ces statues ont malheureusement été endommagées au fil des siècles, notamment durant la Révolution culturelle. Malgré l'extrême chaleur et les attroupements de touristes, nous apprécions la magnificence de ce site rupestre unique, splendidement serti dans son écrin de nature.
Nous remontons en voiture, en route cette fois pour le monastère Shaolin. Fondé en 495 apr. J.-C. au pied du mont Song, le temple Shaolin est le berceau du bouddhisme chán, ancêtre du zen japonais. Selon la légende, le moine indien Bodhidharma y enseigna le bouddhisme et développa une pratique martiale destinée à protéger les moines des animaux et des brigands. Détruit à plusieurs reprises au fil des siècles, notamment par les guerres et les incendies, le monastère est aujourd'hui une authentique icône culturelle de la Chine, un symbole de la fusion entre pratique religieuse et arts martiaux, et plus particulièrement le kung-fu Shaolin. Nous commençons par visiter le site, constitué de plusieurs bâtiments et statues, disséminés parmi les cyprès. La forêt de pagodes est un cimetière rassemblant plus de 240 édifices abritant les cendres des moines décédés et des bienfaiteurs du temple. Nous assistons ensuite à une petite démonstration de kung-fu, l'occasion d'admirer de près l'extraordinaire virtuosité de ces moines qui défient les limites humaines de la force et de la souplesse physiques. À l'issue de cette spectaculaire représentation, nous rejoignons notre chauffeur qui nous ramène à notre hôtel.
Pour notre repas du soir, nous nous rendons à un stand de street food, juste à côté de notre hôtel, et prenons place autour d'une petite table en plastique. À défaut de photos des plats ou de menu en anglais, nous commandons en imitant le cri des animaux correspondants pour choisir la viande de nos brochettes, au grand amusement des serveurs. Nous recevons ainsi de succulentes brochettes d'agneau, une brochette de poulet, et deux bières locales. Les brochettes d'agneau sont tellement délicieuses que nous en reprenons une deuxième portion. L'un des serveurs, un jeune garçon d'une dizaine d'années, essaie tant bien que mal de communiquer avec nous via le traducteur peu efficace de son téléphone. Nous parvenons à lui faire comprendre que nous venons de Belgique, et il nous répond par un "I love the brain" plutôt abscons. Devant notre incompréhension manifeste, il cherche et trouve... une photo de Kevin De Bruyne !! Nous passons une très agréable soirée dans ce lieu à l'atmosphère sympathique et bon enfant, et payons l'équivalent de 10 euros pour ce repas aussi simple que succulent.
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