28 août 2026 5 28 /08 /août /2026 09:11
Quelques jours dans l'Hérault - 2 : du 13 au 15 juillet

Lundi 13 juillet

Comme la veille, nous prenons notre petit déjeuner vers 9 h 30. Nous nous offrons une matinée entière de détente dans notre gîte, ponctuée de quelques baignades dans la piscine. Il est près de 13 heures lorsque nous partons à la découverte de la région.

Nous faisons une première étape à Mèze, la plus ancienne cité du bassin de Thau, fondée par les Phocéens au 6e siècle av. J.-C. Le temps de jeter un œil sur la façade de l'église Saint-Hilaire et de longer les quais du petit port, et nous reprenons la voiture en direction de Bouzigues. Nous nous attablons en terrasse du restaurant Chez Julie, et y dégustons quelques huîtres Nicolas Cartier accompagnées d'un verre de Picpoul de Pinet. Une halte aussi simple que savoureuse, avec une vue imprenable sur l'étang de Thau.

Nous arrivons à Sète en milieu d'après-midi et commençons notre visite par le mont Saint-Clair. Un panorama exceptionnel s'offre sur la ville en contrebas et les deux immensités bleues de l'étang de Thau et de la Méditerranée.

Sète, vu du mont Saint-Clair

Sète, vu du mont Saint-Clair

Nous poursuivons jusqu'au Cimetière Marin, où reposent notamment Paul Valéry et Jean Vilar, dans un cadre spectaculaire dominant la mer. Nous nous rendons ensuite au cimetière Le Py afin de nous recueillir devant la tombe de Georges Brassens, enfant du pays.

Tombe de Georges Brassens

Tombe de Georges Brassens

Nous gagnons le centre-ville et longeons le Cadre Royal, une portion du canal reliant le bassin de Thau à la mer, délimitée par deux ponts. Nous déambulons dans les ruelles étroites du quartier Haut, le plus ancien de la ville, dominé par la chapelle Notre-Dame-de-la-Salette. Un charme authentique se dégage des lieux, qui pâtissent néanmoins parfois de marques peu engageantes d'abandon et de décrépitude.

Nous redescendons ensuite vers le phare du môle Saint-Louis, situé à l'entrée du port, avant de revenir paisiblement vers le centre-ville et le canal, juste à temps pour assister à des joutes nautiques. Au son des fanfares et dans une ambiance particulièrement festive, les jouteurs s'affrontent sur leurs barques bleues et rouges devant une foule enthousiaste. Armé de sa lance et de son pavois, campé sur la tintaine, la plate-forme surélevée qui se dresse à l'arrière de la barque, le jouteur tente de déstabiliser son adversaire et de le faire tomber à l'eau. Nous profitons un long moment de ce spectacle aussi typique qu'amusant, dont les origines remontent au temps de Louis XIV.

Joute nautique sétoise

Joute nautique sétoise

Pour notre dîner, nous avons jeté notre dévolu sur le Quai d'en Face, une adresse gastronomique placée sous la houlette culinaire du jeune chef Romain Murat. Nous commençons par un verre de mousseux de Frontignan et un mojito en guise d'apéritifs, et commandons le menu Espadon en 5 services (72 euros), accompagné d’un accord de 5 verres de vin (35 euros). L'entrée est un tartare d'espadon, frais et délicatement assaisonné. Vient ensuite un carpaccio d'espadon, relevé d'une huile au poivre et parsemé d'éclats de chocolat noir. Un mariage de saveurs original, mais réussi. La tempura d'espadon qui suit est accompagnée d'une onctueuse purée de petits pois. Le même poisson est servi ensuite en tacos, garnis d'une crème de légumes verts. Mais la vraie surprise vient du dessert à l'espadon, servi cru, accompagné de meringue, de cerises et d'une crème aux herbes. Cet accord très audacieux brouille les frontières entre le sucré et le salé. Ce copieux repas nous aura fortement étonnés par l'originalité des assiettes proposées et le concept du fil rouge unique. Nous pensons néanmoins qu'une plus grande attention portée à la finesse des exécutions et au soin dans le dressage sublimerait efficacement les idées créatives du chef.

Mardi 14 juillet

Nous suivons la routine désormais clairement établie : petit déjeuner en terrasse, suivi de quelques longueurs en piscine. Nous nous rendons ensuite à Saint-Guilhem-le-Désert et découvrons ce magnifique village médiéval remarquablement préservé, et traversé par la via Tolosana, l'un des chemins de Compostelle. Avec ses ruelles pavées, ses maisons de pierre et son atmosphère paisible, il mérite pleinement sa réputation de l'un des plus beaux villages de France.

Saint-Guilhem-le-Désert

Saint-Guilhem-le-Désert

La chaleur est écrasante (34 °C), et la fraîcheur de la grotte de Clamouse (15 euros) est une véritable bénédiction. Pendant près d'une heure quarante-cinq, nous découvrons ses magnifiques concrétions et ses vastes salles, dans une atmosphère maintenue à 15 °C toute l'année.

Grotte de Clamouse

Grotte de Clamouse

Nous sortons de la grotte et rejoignons en quelques minutes le Pont du Diable, un impressionnant ouvrage d'art édifié au début du 11e siècle. Il est l'un des plus anciens ponts médiévaux de France et attire de nombreux baigneurs venus profiter de l'ombre projetée par ses deux grandes arches romanes enjambant l'Hérault.

Nous continuons par une visite plus approfondie de la ville de Pézenas où nous avions déjà dîné le premier soir. Un secteur sauvegardé de 17 hectares, l'un des plus anciens de France, abrite plus de trente immeubles inscrits ou classés monuments historiques : de nombreux hôtels particuliers, la collégiale Saint-Jean, l'église Sainte-Ursule, un théâtre à l'italienne... La rue de la Juiverie et la rue des Litanies gardent la mémoire des juifs venus d'Espagne, du Portugal et d'Italie, vers 1298. Le monument à Molière date de 1897, et est l'œuvre du sculpteur Jean-Antoine Injalbert.

l'hôtel de Lacoste à Pézenas, inscrit monument historique

l'hôtel de Lacoste à Pézenas, inscrit monument historique

En soirée, nous prenons la direction de Caux, où nous avons réservé une table au Bistrot MDL. Nous optons pour le menu du jour à 32 euros, plus chacun 2 verres de vin à 6,5 euros. Le repas débute par un assortiment de quatre délicates petites entrées : chaussons aux champignons et au canard, accompagnés d'une sauce marchand de vin, ballotine de saumon fumé, pastilla de poulet à la betterave rouge, et une quatrième bouchée autour de la betterave. Le plat principal met à l'honneur une joue de porc aux olives, fondante à souhait. Le repas s'achève sur une note tout en fraîcheur avec une panna cotta accompagnée d'une crème à la verveine, noix de coco et compotée de pêches. Avec sa cuisine savoureuse et soignée, des accords mets-vins réussis et un service attentif, le tout pour une addition à prix doux, le Bistrot MDL constitue une très belle adresse à ne pas rater.

Mercredi 15 juillet

Petit déjeuner, piscine, farniente matinal, puis départ en direction du Château-Abbaye de Cassan, à Roujan. Nous arrivons vers 13 heures... pour découvrir que le site est fermé pendant la pause de midi. Nous modifions donc notre programme et poursuivons jusqu'à l'abbaye Sainte-Marie de Valmagne (11,7 euros). Nichée au cœur des vignes, cette ancienne abbaye cistercienne est remarquablement préservée et constitue l'un des plus beaux témoignages du patrimoine religieux de la région. L'église de style gothique rayonnant, le cloître et sa fontaine alimentée par la source de Diane, la remarquable salle capitulaire confèrent au site toute sa majesté et sa quiétude. La visite se termine par une dégustation des excellents vins du domaine.

L'église gothique de l'abbaye de Valmagne

L'église gothique de l'abbaye de Valmagne

Retour au Château-Abbaye de Cassan (9 euros). Nous explorons les lieux rapidement, le temps d'admirer l'élégance et les magnifiques perspectives de cet édifice du 18e siècle, idéalement serti dans la campagne environnante.

Château-Abbaye de Cassan

Château-Abbaye de Cassan

Nous nous hâtons car nous sommes attendus à 16 h 30 au Côté Mas à Montagnac, situé à une demi-heure de route. La visite du domaine est intéressante et bien menée, mais ne donne qu'un très petit aperçu de ce que représentent les Domaines Paul Mas, lesquels s'étendent dans tout le Languedoc, de Nîmes à Perpignan, et concernent 940 ha de vignes propres et 1500 ha de vignobles partenaires.

En attendant l'heure du dîner, nous nous promenons un moment dans le joli village de Montagnac. Les ruelles calmes du centre ancien abritent quelques magnifiques hôtels particuliers pourvus de "lojas", les entrepôts utilisés jadis par les marchands étrangers qui y déposaient leurs marchandises à vendre.

Une ruelle de Montagnac

Une ruelle de Montagnac

Nous revenons au Côté Mas et nous nous installons sur la terrasse du restaurant. Nous optons pour le menu Confiance en 5 services (69 euros). Pour l'apéritif, notre choix se porte sur un Crémant de Limoux Brut Prima Perla. Pour l'accompagner, nous recevons une focaccia maison, quelques tranches de jambon de Bayonne affiné, deux huiles d'olive du domaine ainsi qu’un gel d’olive. L'entrée est un ceviche de maigre, arrosé d’un Esprit de Crès Ricards assemblant roussanne et marsanne. Le plat de poisson est une ballotine de loup accompagnée de la cuvée l’Astelia Grand Blanc, fraîche et minérale. Le plat suivant met à l'honneur un bœuf d'Aubrac, secondé par un délicieux Astelia Grand Vin, un vin puissant aux notes de moka et de chocolat. Nous recevons encore une assiette de fromages, puis clôturons ce repas par un dessert autour du chocolat et de l’abricot. L’addition s’élève à 220 euros.

Le Cimetière Marin de Sète

Le Cimetière Marin de Sète

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