1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 09:24
iCook

Le restaurant iCook (14/20 au Gault&Millau) est situé en bordure des boulevards montois, dans une grande villa revisitée de manière très personnelle. L'ensemble, original et globalement de bon goût malgré certains détails, est placé sous le signe du noir et or, avec un audacieux cube de verre dans lequel s'installent les convives. L'établissement propose également quatre chambres à l'étage, chacune dotée d'une identité propre en termes de décoration. Nous avons opté pour la "Bretonne" dans le cadre d'une formule all-in proposant une nuitée, deux menus Inspiration en 5 services avec vins assortis et deux petits déjeuners pour 340 euros. Comme nous souhaitons découvrir le menu en 7 services, nous ajoutons 30 euros par personne et arrivons à un total de 400 euros.

Jean-Philippe Watteyne, médiatisé par l'émission Top Chef, officie aux fourneaux, tandis que sa femme assure la supervision de la salle avec verve. 

Pour notre apéritif, nous optons pour un Porto de 10 ans (7 euros) et un Pineau (8,50 euros). Nous recevons une première assiette de dégustation déclinant crème moutardée avec cœur de Chimay bleue, tuile de carbonnade flamande et samosa de canard confit, carotte et gingembre. Des saveurs intéressantes.

 

Crème moutardée et samosa

Crème moutardée et samosa

Arrive la deuxième assiette de dégustation, qui propose potiron rôti, chantilly à la châtaigne et noix de cajou caramélisées à la fleur de sel, carpaccio de champignons de Paris et déclinaison de topinambours. D'agréables saveurs automnales, judicieusement mises en œuvre. Sur le côté, nous recevons également une aile de raie avec crème vanillée, aux saveurs très douces.

Potiron, champignons et topinambour, aile de raie

Potiron, champignons et topinambour, aile de raie

On nous présente ensuite un "émincé de bœuf" avec sauce hollandaise moutardée, mizuna (une salade de la famille de la moutarde), huile d'argan et crumble aux épices. Il s'avérera après dégustation qu'il s'agissait en réalité de langue de bœuf. De fait, nous avions été frappés par la consistance extrêmement tendre et moelleuse du "bœuf", mais pourquoi ne pas avoir donné d'emblée l'intitulé exact ? 

Dans notre verre, non pas du vin, mais une Duvel Mini, présentée dans une bouteille au look se référant à l'intérieur d'iCook. Pourquoi pas, mais un vin aurait été ici davantage approprié.

Emincé de langue

Emincé de langue

Nous recevons le premier vin de la soirée : un Paololeo Cala Luna Fiano, un vin des Pouilles qui ne nous séduit que moyennement. Il accompagne des Saint-Jacques de Bretagne, condiment à base de moules et crème au jus de moule, céleri et chips de riz. Une préparation peut-être pas stupéfiante, mais de qualité.

Saint-Jacques

Saint-Jacques

Arrive le deuxième vin, un T set Chardonnay de Tarragona 2014, plus élégant et plus complexe, avec une longue finale, qui nous satisfait nettement plus que le précédent et sera le meilleur vin de la soirée. Dans notre assiette, un cabillaud avec coques, jus de coques au sapin, choucroute maison et tuile de brocoli. Le poisson est bien cuit, mais nous avons l'impression de rester un peu trop dans le sillage du plat précédent : tant la composition que la présentation sont en effet très similaires.

Cabillaud

Cabillaud

L'assiette suivante est un lapereau basse température, purée de topinambour, choucroute, jus serré et blé perlé. Nous déplorons une préparation assez inégale : le lapereau est délicieusement tendre, mais le "jus serré", terriblement salé, vient malheureusement gâcher l'ensemble. Dans notre verre, un Syrah Domaine Louis Clerc 2014, aux arômes de fruits rouges et de poivre noir, qui remplit son office.

Lapereau

Lapereau

Notre deuxième vin rouge est un Nispero Rosso dell'Umbria aux notes de fruits rouges, peu surprenant. Il accompagne une volaille de Gibecq façon dinde de Noël, farcie aux marrons, salsifis, jus de cuisson serré et beurre foisonné, le tout agrémenté de truffe râpée. Tout comme pour les deux préparations de la mer, ce plat de volaille fait office de redite du plat de lapereau qui précède.

Volaille de Gibecq

Volaille de Gibecq

Nous arrivons au pré-dessert, un ananas rôti avec glace au curry et croustillant, qui s'avère excellent. 

Ananas et glace au curry

Ananas et glace au curry

Pour terminer le repas, nous recevons notre dernier vin, un Rivesaltes Grenat Les Terres de Mallyce 1012, très typé et très agréable. Le dessert qu'il vient seconder, une déclinaison sur la poire et le pain d'épice avec macaron au coing, est malheureusement fade et insignifiant.

Poire et pain d'épices

Poire et pain d'épices

Nous passons au salon pour notre déguster notre café, agrémenté en tout et pour tout par deux mignardises, correctes au demeurant.

 

Mignardises

Mignardises

En résumé, nous avons globalement passé un bon moment chez iCook, avec d'excellentes choses, mais aussi d'autres moins réussies. Cette inégalité rend le prix quelque peu excessif au regard des prestations fournies. Avec un menu 7 services proposé à 85 euros et des boissons assorties facturées 40 euros (pour 1 bière et 5 verres de vin), nous sommes en droit d'attendre un sans faute, ce qui n'était pas le cas. D'autres petits détails, comme le pain servi au compte-gouttes par mini-tranche de baguette, ou encore le nombre très restreint de mignardises, ne sont pas dignes d'une maison aux prétentions affirmées. Le service, très familier, manque lui aussi singulièrement de classe.

Faut-il aller chez iCook ? Oui, mais en se contentant du menu 5 services, proposé à 65 euros ou 95 avec boissons assorties, le menu 7 services ne faisant somme toute rien découvrir de plus.

 

 

 

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Publié par tables-et-voyages - dans Restaurants
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