Mercredi 15 avril : Tra Nhieu - Can Thanh - Hội An
Nous prenons notre petit déjeuner dans la salle commune, puis partons dès 8h30 pour rejoindre en quelques minutes de voiture un embarcadère de la rivière Thu Bồn.
En bateau, nous longeons le petit village de Kim Bồng, particulièrement renommé pour ses nombreux artisans experts en ébénisterie, menuiserie de construction navale et autres produits de la gravure sur bois, la spécialité de la région. Nous poursuivons jusqu’à Tra Nhieu, un charmant village de pêcheurs où nous débarquons. Nous visitons deux ou trois ateliers de menuiserie, et nous nous essayons même à la gravure sur bois de camphrier. Nous passons également par un atelier de fabrication de pâte de riz et dégustons plusieurs succulentes petites préparations.
Nous reprenons la voiture en direction de Cam Thanh, un village réputé pour sa mangrove et sa tradition des pêcheurs vietnamiens. Nous prenons place sur un thùng chài, autrement dit un coracle, petite embarcation ronde maniée de main de maître par une pagayeuse taciturne, et entamons une balade au fil des canaux cernés de cocotiers d'eau. La promenade, qui paraissait assez personnalisée au départ, s’avère très vite des plus touristiques. Nous sommes rapidement rejoints par une appréciable quantité d'autres coracles, et nous regroupons tous sur une plus large étendue d’eau. La musique disco, diffusée à plein volume par les gros haut-parleurs installés sur quelques embarcations, ambitionne de créer l'ambiance tandis que certains pagayeurs font tournoyer vertigineusement leur thùng chài sous les acclamations des touristes en quête de likes instagram. Après quelques (trop) longues minutes de ce spectacle affligeant, nous rebroussons chemin, revenons au point d'embarquement, et prenons place autour d'une table où nous recevons un repas tout aussi touristique que la balade, dépourvu de toute saveur et particulièrement décevant.
Vers midi, nous regagnons la maison Gao et y prenons un temps de repos avant de repartir pour la visite guidée du centre-ville de Hội An, particulièrement bien préservé. Ancien port marchand prospère entre les 16ᵉ et 17ᵉ siècles, la ville a en effet conservé un remarquable ensemble de maisons anciennes, temples chinois, ruelles étroites et façades jaunes patinées par le temps. Nous déambulons paisiblement au fil des rues, découvrons le célèbre pont de bois Chùa Cầu, datant du 18e siècle, et la non moins célèbre maison Tan Ky, construite il y a plus de deux siècles par une famille de marchands. Son architecture harmonieuse faite de bois sculpté et de cours intérieures mêle influences vietnamiennes, chinoises et japonaises. Nous nous laissons séduire par une entreprise de fabrication de vêtements en soie, et nous commandons une chemise pour Daniel ainsi qu'une robe pour Catherine. Une employée prend soigneusement nos mesures et nous annonce que nos vêtements seront prêts d'ici 24 heures.
Nous revenons à la maison Gao et profitons de la fraîcheur de la piscine en attendant le soir pour repartir vers le centre-ville, à pied cette fois. La nuit est noire lorsque nous arrivons, quelque 45 minutes plus tard, et nous découvrons les abords de la rivière et les rues adjacentes illuminés par une multitude de lampions multicolores. Malheureusement, ce féerique jeu de lumières attire les touristes en masse, et l'ambiance est plus proche d'une heure de pointe à Disneyland que d'une paisible soirée romantique... Nous prenons néanmoins un petit cocktail au bord de l’eau, et apprécions nos rafraîchissantes boissons, bien réalisées, et proposées au prix attractif d'environ 2,50 euros par cocktail.
Nous décidons de nous éloigner des zones les plus fréquentées afin de trouver un restaurant local, moins orienté touristes. Nous jetons notre dévolu sur un petit établissement ne payant pas de mine, et y dégustons un savoureux cao lầu, une spécialité typique de la région à base de grosses nouilles, de fines tranches de porc, de croûtons frits, de bouillon et de multiples herbes fraîches. L’une d’elles, la houtthuynia, a un goût très prononcé de poisson qui ne séduit pas particulièrement le palais de Catherine. Repus par ce généreux repas, nous prenons le chemin du retour, non sans nous octroyer une dernière halte gourmande et nous délecter d'un café aux œufs, différent de celui de Saïgon : plus sucré, avec une couche d'œuf moins épaisse. Il est près de 22 heures lorsque nous retrouvons notre chambre.
Jeudi 16 avril : Mỹ Sơn - Tra Que - Hội An
Nous prenons notre petit déjeuner, seuls dans la salle commune de la maison Gao, puis partons accompagnés de notre guide pour le sanctuaire de Mỹ Sơn, un ancien site religieux de la civilisation cham joliment niché dans une vallée cernée de luxuriantes collines. Entre le 4ᵉ et le 13ᵉ siècle, ce sanctuaire hindouiste était l’un des principaux centres spirituels du Royaume de Champâ. Les tours-sanctuaires de briques rouges, dédiées notamment au dieu Shiva, témoignent d’un art raffiné et d’une architecture encore mystérieuse par certains aspects. Les briques ne se couvrent jamais de mousse ni ne noircissent sous l'effet des intempéries, et leur assemblage parfait, sans joint de mortier visible, procède d'une technique hautement sophistiquée. Les inscriptions en ancien Cham, elles aussi, doivent encore révéler nombre de leurs secrets.
Nous assistons à une petite représentation, bien faite et intéressante, proposant une reconstitution probable des danses et musiques d’époque à partir des sculptures d'origine du site.
À l'issue de cette très enrichissante visite, nous reprenons la route en direction de Tra Que, un village maraîcher au nord-est d'Hội An. Une maison privée propose des cours de cuisine, et nous apprenons à préparer des nems, de petits poissons cuits dans une feuille de bananier, ainsi qu’une crêpe que nous faisons sauter avant de la rouler dans une feuille de riz accompagnée de légumes et d'herbes aromatiques. L'expérience est sympathique et bon enfant, les plats délicieux sont arrosés d'une bière Larue aussi fraîche que désaltérante. En guise de dessert, on nous offre un massage des pieds et des épaules.
Nous enfourchons ensuite des vélos pour revenir à Hội An en empruntant le chemin des écoliers. Nous traversons de paisibles hameaux cernés de rizières vert tendre. Au passage, nous récupérons les vêtements de soie commandés la veille. Il est environ 15h30 lorsque nous regagnons la maison Gao, et rejoignons dans la piscine deux couples de touristes australiens, grands habitués du Vietnam et fidèles clients de la maison depuis plusieurs années. Nous regagnons notre chambre, et constatons une coupure d'eau, laquelle semble concerner toute la maison. Renseignements pris, il apparaît qu'il s'agit d’un problème lié à la QNAWACO, la compagnie de distribution d’eau potable de la ville, et qu'il faudra donc s'armer de patience.
Le soir tombe et nous partons en quête d'un restaurant proche. Nous nous installons au Cafe Dạ Quỳnh et commandons des Bánh bao bánh vạc, les raviolis 'rose blanche', typiques de la région et façonnés en forme de fleur épanouie, ainsi qu’un mỳ Quảng, un plat à base de bouillon, porc, crevettes et cacahuètes. Les assiettes sont correctes, et accompagnées d’un vin de Dalat d’entrée de gamme : classique, peu cher, mais buvable. Nous finissons par un délicieux café aux œufs, puis décidons d’en prendre un autre encore au Kim Restaurant & Coffee, l’établissement où nous avions dîné lors de notre premier soir à Hội An. De retour à la maison Gao, nous constatons que l'eau courante fait toujours défaut.
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