5 septembre 2023 2 05 /09 /septembre /2023 12:58
3 semaines au Japon – 12 : Hiroshima - Miyajima

Jeudi 27 juillet

Après notre quatrième et (heureusement) dernier petit déjeuner dans cet hôtel, nous prenons un Uber pour la gare de Kyōto. Un premier train nous emmène à Shin-Ōsaka (30 minutes de trajet), puis un deuxième à Hiroshima (1 heure et demie). Le Daiwa Roynet Hiroshima-ekimae (environ 100 euros la nuit) est un autre de ces hôtels strictement fonctionnels et sans attrait, énième exemple de la norme récurrente du tourisme standard.

Il est encore trop tôt pour effectuer le check-in, et nous laissons nos valises à la bagagerie de l’hôtel. Nous partons à pied jusqu’au célèbre Dôme de Genbaku, symbole poignant du passé d’Hiroshima. Le 6 août 1945, à 8h15 du matin, la bombe atomique Little Boy explosait à 580 mètres d'altitude au-dessus de la ville. Le bâtiment de briques et de ciment, à l'origine un hall d'exposition commerciale, se trouvait à 130 mètres de l’épicentre et résista au souffle de l'explosion, à l'inverse de toutes les autres constructions en bois de la ville qui furent instantanément rasées.

Dôme de Genbaku

Dôme de Genbaku

Outre le Dôme de Genbaku, le parc du Mémorial de la Paix abrite de nombreux monuments commémoratifs, dont le Cénotaphe, la flamme de la Paix, le monument de la paix des enfants et ses origamis de grues, le tertre funéraire de la Bombe-A contenant les cendres de 70 000 victimes non identifiées, etc.

À l'avant-plan, le Cénotaphe du parc de la Paix

À l'avant-plan, le Cénotaphe du parc de la Paix

Le Musée du mémorial de la Paix d’Hiroshima date de 1955. Le bâtiment principal sur pilotis abrite différents artefacts et expositions qui relatent l’histoire de Hiroshima avant, pendant et après le bombardement atomique. Le musée présente notamment les récits poignants de survivants, témoignages décrivant les horribles souffrances dues aux blessures atroces, les maladies liées aux radiations, etc. D'impressionnantes photographies d'époque plongent le visiteur au cœur de cette abomination.

 

3 semaines au Japon – 12 : Hiroshima - Miyajima

On ne ressort pas indemne de ce musée, et nous nous posons de nombreuses questions d’ordre moral et éthique tout en regagnant notre hôtel où nous prenons possession de notre chambre, accablés par la chaleur et cette visite bouleversante.

Pour notre repas du soir, nous nous rendons au restaurant Hassei afin d’y déguster la spécialité de la ville, l’okonomiyaki. Le cuisinier étale de la pâte sur une plaque chauffante pour former une crêpe fine, ajoute du chou émincé, de fines tranches de porc, quelques crevettes et des nouilles udon, avant de casser un œuf sur le dessus pour lier le tout.  En fin de cuisson, il ajoute de la sauce okonomi, des flocons de bonite séchée (katsuobushi) et des graines de sésame. Un repas complet et roboratif que nous arrosons de saké et de bière, pour une addition... économique d’environ 9 euros par personne.

Okonomiyaki

Okonomiyaki

Pour terminer la soirée en douceur, nous prenons place dans un premier bar où nous goûtons au shōchū, une eau-de-vie traditionnelle distillée, à base de pomme de terre dans notre cas, et titrant environ 30 % d’alcool. Les deux barmen sont sympathiques et engagent la conversation avec nous comme ils peuvent, dans un anglais des plus rudimentaires.

Dans le deuxième bar, nous sommes plus impressionnés par l’étrange look du serveur que par ses interprétations quelque peu approximatives de nos cocktails. Il est lui aussi très communicatif et nous pose un tas de questions via son petit traducteur de poche.

Vendredi 28 juillet

Le petit déjeuner de l'hôtel est tout aussi médiocre qu'à Kyōto, et nous l'avalons rapidement avant de rejoindre en Uber la gare d’Hiroshima où nous prenons le train pour Miyajima-guchi (30 minutes de trajet). De là, un ferry (inclus dans notre JR Pass), nous amène en une quinzaine de minutes sur l’île d'Itsukushima, plus connue sous le nom de Miyajima. La principale attraction de l'île est le sanctuaire shintoïste et son célèbre torii vermillon lesté donnant l’impression de flotter sur l’eau à marée haute.

Torii de Miyajima

Torii de Miyajima

Les bâtiments du sanctuaire sont construits sur pilotis et pontons, en raison du statut sacré de l'île où jadis les visiteurs n'avaient pas le droit de mettre pied à terre.

Nous prenons ensuite le téléphérique (accessible avec la carte Icoca) afin de gravir le Mont Misen, le point culminant de l’île. Malgré la brume de chaleur, nous profitons d’une vue imprenable sur les environs : mer intérieure de Seto parsemée d'îles, ville d'Ōtake, forêt primaire.

Vue du Mont Misen

Vue du Mont Misen

Une fois redescendus, nous goûtons à la cuisine locale. L'huître de Miyajima est particulièrement grande, bien charnue et traditionnellement proposée en diverses préparations chaudes, notamment grillée simplement dans sa coquille. Un régal selon Daniel !

3 semaines au Japon – 12 : Hiroshima - Miyajima

Nous dégustons également les momiji manjū, de petits gâteaux en forme de feuille d’érable et généralement fourrés de pâte de haricots rouges (anko), mais également déclinés au matcha, au fromage, à la crème pâtissière, etc. Toutes ces bonnes choses sont décidément très tentantes, et nous n’avons malheureusement plus assez faim pour goûter aux autres spécialités de la région, telles que le congre grillé (anago meshi), les sardines crues ou encore le tsukemen de Hiroshima aux nouilles froides et épicées.

Après cette belle et chaude journée, nous regagnons notre hôtel en effectuant le trajet inverse.

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