20 février 2026 5 20 /02 /février /2026 15:56
La Ligne rouge

Le restaurant La Ligne rouge (14/20 au Gault&Millau) est installé chaussée de La Hulpe 2 à Hoeilaart.

Le lieu affiche une esthétique contemporaine, avec des tons neutres et un mobilier discret. L’ensemble est soigné, agréable, mais sans véritable signature marquante.

Nous sommes installés dans une petite salle attenante à la cuisine ouverte — un emplacement privilégié pour observer la brigade à l’œuvre. Celle-ci est placée sous la direction de Guillaume Desart, un jeune chef passé chez Benjamin Laborie. En ce soir de Saint-Valentin, la maison propose un menu unique au prix de 115 euros. 

La séparation récente avec le sommelier se fait toutefois sentir : aucun accord mets-vins n’est proposé. Dommage pour un établissement de ce niveau, où l’on attend justement un accompagnement précis et inspiré. Nous parcourons donc la carte — heureusement riche et bien construite — et jetons notre dévolu sur une bouteille de Vieilles Vignes 2020 du domaine Gaby (89 euros), qui accompagnera la majorité de notre repas. 

Pour l'apéritif, Catherine opte pour un agréable crémant de Glabais (14 euros). Daniel, de son côté, se laisse tenter par l’apéritif maison : un cocktail à base de vodka, vanille, fruits de la passion et citron (16 euros) -  plaisant, exotique et rond, mais qui penche un peu trop du côté de la douceur. Nous recevons une unique mise en bouche, déclinant crème de haddock, sauce aigre et yuzu, d'une agréable fraîcheur.

Mise en bouche : haddock, sauce aigre et yuzu

Mise en bouche : haddock, sauce aigre et yuzu

La première entrée se présente sous la forme d’un cannolo de tartare de langoustine, posé sur une salade de chou chinois et servi dans un bouillon brun profond, ponctué de quelques gouttes d’huile verte. En bouche, le plat est particulièrement réussi. La texture craquante du cannolo répond à la douceur presque soyeuse de la langoustine. Le chou apporte une note légèrement acidulée et végétale, tandis que le bouillon enveloppe l’ensemble d’une profondeur chaleureuse. Un jeu de textures et d’équilibres maîtrisé, à la fois élégant et gourmand. Heureusement, le plat est servi froid, car le vin blanc commandé tarde à faire son apparition.

Cannolo de tartare de langoustine, salade de chou chinois

Cannolo de tartare de langoustine, salade de chou chinois

L’assiette suivante est un foie gras de canard cuit au torchon, accompagné d’un confit de figues et d’une tranche de brioche toastée. Le foie gras, taillé en portion généreuse, révèle une texture souple et fondante. Un plat qui ne cherche pas la surprise et assume pleinement son classicisme.

Foie gras de canard

Foie gras de canard

La préparation qui suit met à l’honneur un siphon de pommes de terre au beurre noisette, surmonté d’un œuf poché et accompagné d’anguille fumée. Là encore, l’inspiration reste classique, mais l’exécution fait la différence. C’est l’anguille fumée qui donne au plat toute sa dimension : une profondeur aromatique marquée, pour un plat généreux et gourmand.

Siphon de pommes de terre, œuf poché, anguille fumée

Siphon de pommes de terre, œuf poché, anguille fumée

Pour accompagner une canette laquée, sauce teriyaki, servie avec des salsifis glacés, nous optons pour un verre de vin rouge (12 euros). Malgré une exécution correcte, l’ensemble convainc moins que les assiettes précédentes en raison de sa neutralité.

Canette laquée et salsifis

Canette laquée et salsifis

Le dessert propose un travail autour du butternut et du sirop d’érable. Le butternut apporte une douceur prolongée par le sirop d’érable, malheureusement sans véritable contrepoint pour dynamiser le tout.

Dessert butternut et sirop d'érable

Dessert butternut et sirop d'érable

Nous commandons encore un espresso, qui arrive accompagné d'un très bon cannelé, un classique qui, comme ici, fait toujours plaisir lorsqu'il est bien exécuté.

Espresso et cannelé

Espresso et cannelé

En résumé, nous avons découvert une cuisine sérieuse, appliquée, souvent classique dans son inspiration. Certains plats — le cannolo de langoustine ou le siphon de pommes de terre à l’anguille fumée — se distinguent par leur précision et leur gourmandise. D’autres, en revanche, manquent d’élan ou d’audace, comme la canette teriyaki ou le dessert autour du butternut, qui peinent à susciter l’émotion attendue.

Le service, sans être défaillant, manque parfois de fluidité — l’attente du vin en témoigne — et l’absence d’accord mets-vins se fait sentir dans une maison affichant 14/20 au Gault&Millau. L'addition, tout compris, s'élève à 136 euros par personne. Notons toutefois que la maison propose d'ordinaire un menu en 4 services à 75 euros, très abordable, mais non disponible en cette soirée spéciale.

Faut-il aller à la Ligne rouge ? Oui, si vous cherchez une valeur sûre, élégante et sans prétention excessive.

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