5 juillet 2026 7 05 /07 /juillet /2026 13:16
Sanzarù

Le restaurant Senzarù est installé avenue de Tervueren 292 à Woluwe-Saint-Pierre, dans une élégante villa moderniste construite en 1937, conçue par les célèbres architectes Adrien et Yvan Blomme. Derrière cette façade classée se dévoile un intérieur chaleureux où le cuivre, le bois et les fresques colorées créent une atmosphère contemporaine et raffinée. Nous sommes installés à l'étage, dans une salle tout aussi agréable que le rez-de-chaussée. Fidèle à ses origines Nikkei, le restaurant propose aujourd'hui une cuisine gastronomique moderne où les techniques japonaises rencontrent des influences sud-américaines et d'autres saveurs du monde, au gré des produits de saison. Pour découvrir la cuisine du chef Nathan Urbanowiez, passé chez Bon-Bon, nous choisissons le menu signature Umami en six services (115 €), accompagné de l'accord mets et vins (85 €). Nous commençons par un cocktail (16 euros) élégamment réalisé, une belle manière d'ouvrir ce voyage culinaire.

Cocktails

Cocktails

Pour l'accompagner, nous recevons quelques mises en bouche : un filet de maquereau grillé à la flamme surmonté d'œufs de poisson volant (tobiko) infusés au jus d'orange, ainsi que d'un condiment à la groseille avec une pointe acidulée ; des feuilles de shiso en tempura garnies de piquillos, des petits poivrons rouges légèrement piquants ; un gaspacho de concombre accompagné d'un gin sans alcool et coiffé d'une espuma de coco et menthe. Une entrée en matière qui annonce avec justesse l'identité de la cuisine du Senzar. 

Mises en bouche

Mises en bouche

Le premier service met l'artichaut à l'honneur dans une composition plutôt fine : artichaut poivrade, crème d'artichaut parfumée à la verveine, tranches de radis pickles, billes de citron caviar, crumble d'olives noires et jus de légumes rôti. Il est accompagné d'un Grüner Veltliner Strawanzer du domaine autrichien Hendler Mayer (Wagram). Ce cépage emblématique d'Autriche dévoile ici une belle tension, une fraîcheur citronnée et de délicates notes de pomme verte, de poire et de poivre blanc, soutenues par une agréable minéralité.

Artichaut poivrade

Artichaut poivrade

Nous poursuivons avec une raviole de daikon farcie de tourteau assaisonnée de wasabi et de graines de grenade, surmontée d'un condiment à la grenade et d'une courgette verte au wasabi, avec émulsion au raifort. Une assiette tout en fraîcheur, où la douceur du crabe est relevée par le piquant du wasabi et la légère acidité de la grenade.
L'accord est assuré par le Velante Due Uve 2025 de Bertani, un assemblage de Pinot Grigio et de Sauvignon Blanc. Sa fraîcheur souligne la finesse du tourteau tandis que le Sauvignon répond avec élégance aux notes végétales du daikon et au caractère légèrement piquant du wasabi.

Raviole de tourteau

Raviole de tourteau

La dernière entrée fait la part belle au turbot, cuit à basse température afin d'en préserver toute la délicatesse. Il est accompagné d'une crème de petits pois à la chlorophylle, d'une compotée et d'une émulsion de fraises de Wépion, relevées d'une touche de poivre de Timut. L'accord proposé est un Crémant d'Alsace Brut Rosé du domaine Moltès. Élaboré principalement à partir de pinot noir, il séduit par ses arômes de petits fruits rouges, sa bulle fine et sa belle vivacité. Un mariage original et particulièrement réussi.

Turbot

Turbot

Le plat principal met à l'honneur un filet de canette de Barbarie, grillé sur peau et cuit à basse température (45 °C), mais dont la texture ne convainc pas en raison d'un manque de finesse et de tendreté. Il est accompagné d'une aubergine rôtie puis laquée au soja, d'un condiment à la figue de Barbarie, d'un condiment de noisette et d'un jus de canard délicatement parfumé à l'huile de feuille de vigne. Dans notre verre, un Rosso di Montalcino, élaboré à partir de Sangiovese et élevé douze mois en barriques, dont nous avons malheureusement oublié le nom.

Canette

Canette

Avant le dessert, place à un pré-dessert rafraîchissant. Une préparation associant fenouil, fromage frais, jus d'aneth, menthe et vinaigre balsamique blanc compose une assiette légère, vive et délicatement végétale. Le sommelier accompagne cette création d'un saké japonais.

Pré-dessert au fenouil

Pré-dessert au fenouil

Le dessert est une pavlova aux fruits rouges : une coque de meringue cache une base de  crème pâtissière à la lavande, tranches de fraises, framboises, mûres et myrtilles fraîches,  le tout accompagné d'une quenelle de sorbet à la lavande. Pour accompagner ce dessert, le sommelier délaisse les accords classiques à base de vin moelleux pour proposer un Rogito Rosato 2024 des Cantine del Notaio, un rosé de Basilicate élaboré à partir d'Aglianico. Ses arômes de fraise, de framboise, de cerise et de rose répondent naturellement aux fruits rouges de la pavlova, tandis que sa belle fraîcheur équilibre la sucrosité de la meringue.

Pavlova aux fruits rouges

Pavlova aux fruits rouges

Nous recevons encore quelques mignardises, dont le détail s'est malheureusement perdu dans nos souvenirs. 

Mignardises

Mignardises

En résumé, Senzarù nous a offert une expérience originale. Nous avons particulièrement apprécié les associations, l'équilibre des assiettes et la qualité des accords mets-vins. Malgré une canette un peu en retrait par rapport au reste du menu, l'ensemble du repas témoigne d'une bonne maîtrise technique et d'une belle créativité. 

Si l'ensemble est de belle facture, le niveau du prix demandé place inévitablement le restaurant en concurrence avec plusieurs tables bruxelloises de haute volée. Or, si la cuisine est indéniablement pleine de personnalité, elle ne nous a pas toujours procuré le niveau d'émotion ou de précision espéré au vu du montant de l'addition. 
Cela n'enlève rien aux nombreuses qualités de Senzarù, qui demeure une excellente adresse pour découvrir dans un cadre élégant une cuisine contemporaine inspirée des traditions japonaises et de leurs influences péruviennes.

Faut-il aller chez Senzarù ? Oui, malgré un tarif ambitieux.

Partager cet article
Repost0

commentaires