L'Impulsif est installé dans une élégante maison Belle Époque située au 19, avenue Baraduc, à Châtel-Guyon, petite ville thermale du Puy-de-Dôme. Le restaurant, dirigé par Noëlline et Rémi Laroque, a décroché sa première étoile au Guide Michelin en 2024. On y découvre un cadre sobre et agréable, volontairement épuré pour laisser toute la place aux assiettes. Le chef, d’origine vietnamienne par sa mère et sa grand-mère, propose une cuisine où se rencontrent les saveurs asiatiques et le terroir auvergnat. À cela s’ajoute une véritable fascination pour le Japon, qui transparaît clairement dans ses préparations.
En ce dimanche midi, seul le menu Omakase en huit étapes (145 euros, 240 euros avec l’accord mets et vins) est proposé. Les autres jours, il est également possible d’opter pour un voyage en quatre (50 euros) ou six étapes (105 euros, 175 euros avec accord).
On nous accueille tout d'abord avec une serviette chaude (oshibori), ainsi qu'un bouillon dashi pour ouvrir les papilles.
Pour l’apéritif, nous choisissons deux cocktails : un Spring Lady (22 euros), associant umeshu, pur malt à la vanille, liqueur Saint-Germain, kumquat, miel et jus de kalamansi, ainsi qu'un Sakura (22 euros), mêlant vodka infusée au gingembre, champagne, yuzu, jus d’ume au shiso rouge, liqueur de framboise et une touche de Chartreuse. Deux compositions particulièrement réussies.
Pour ouvrir les festivités, nous recevons un élégant plateau dans l'esprit d'un kaiseki, composé de cinq bouchées : avola en ceviche, salade wakamé et sauce épicée ; bouillon à la truite fumée et gel citronné ; feuilles de riz soufflé et mousse de vanille ; maki de langoustine ; shumai de cochon vapeur et champignons noirs ; mousse de pommes de terre fumée et katsuobushi (bonite séchée et fumée). Pour accompagner cet ensemble, un saké junmai (pur riz) nous est servi.
On nous apporte ensuite un petit panier intitulé Trait d'umami. Il se compose d'un duo de sushis : un nigiri de seiche avec laquage au ponzu et condiment au yuzu, ainsi qu'un maki de tartare de bœuf surmonté de caviar de la côte bordelaise, des préparations aussi délicates que les précédentes.
La sommelière nous sert une cuvée Le petit vin des bosquets 2024 du domaine Julien Bréchet, un Gigondas issu d'un assemblage de Roussane, Marsanne et Viognier. Avec son nez citronné, de pomelo et de fleurs blanches, sa texture fraîche et vivifiante s’étirant sur la salinité en fin de bouche, il accompagne avec justesse une assiette intitulée 'Vague ardente', déclinant la langoustine en trois variantes : flambée avec sa viennoise et sa sauce, en tempura, ainsi qu'en tartare. Nous retrouvons, une fois encore, ce mariage de finesse et d'inspiration japonaise.
L'accord vins se poursuit avec la cuvée Les Mouchis 2023 du Château Soucherie, un Anjou blanc 100 % Chenin placé sous le signe de la minéralité et d'une belle salinité. Dans l'assiette, une composition intilutée 'Éclat marin' : truite bio de l'Aubrac, pommes de terre acidulées et coriandre en émulsion.
L'assiette suivante, Chaleur terrienne, met à l'honneur un filet de bœuf d'Aubrac, accompagné d'une déclinaison autour de l'échalote, d'un condiment à l'ail noir et de sauce thi bé, signature du restaurant, dont le nom rend hommage à la grand-mère du chef. L'accord se fait avec une cuvée 1885 Pinot noir Vin volcanique, issue de l’IGP Puy-de-Dôme, créée en 2011.
Nous recevons ensuite une sélection de fromages 'Âme d'Auvergne', à choisir sur un chariot bien garni que nous avons oublié de photographier.
Le dessert, Clair-obscur, associe chocolat Valrhona, céleri et wasabi, une combinaison originale et séduisante, servie avec un ratafia.
Nous recevons encore un éventail de douceurs, présenté sous la forme d'un bento sucré : beignet à la mangue, tartelette banane-passion, mousse passion, demi-chou passion-mangue, et guimauve à la bergamote - une finale exotique et gourmande.
En résumé, L’Impulsif propose une expérience singulière, où l’Auvergne dialogue avec l’Asie dans un esprit résolument contemporain. Portée par une vraie finesse d’exécution et une sensibilité japonisante assumée, la cuisine joue sur les textures, les contrastes et la précision des assaisonnements, sans jamais perdre de vue le produit. Le menu omakase déroule un parcours maîtrisé, avec des accords mets et vins pertinents, faisant également la part belle à des cuvées locales.
L’addition s’élève à 245 euros par personne, tout compris — un tarif conséquent, mais globalement en adéquation avec la précision de la cuisine et le soin apporté à l’ensemble de l’expérience.
Faut-il aller à L'Impulsif ? Une belle table à réserver aux grandes occasions.
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