À l'occasion du centième anniversaire du célèbre restaurant Comme chez soi, nous avons eu envie de pousser à nouveau la porte de cette institution mythique. L'établissement de Laurence Wynants et Lionel Rigolet affiche 17,5/20 chez Gault&Millau et une étoile Michelin. Dans son célèbre cadre Art nouveau aux élégantes boiseries, le temps semble suspendu. Entre héritage, classicisme assumé et touches plus contemporaines, cette soirée anniversaire promet bien davantage qu’un simple repas : une rencontre avec un siècle de gastronomie belge. Nous optons pour le menu le plus court, proposant 5 services pour 175 euros. Le menu 6 services est facturé 200 euros, et le 7 services 250 euros. Nous l'accompagnons du pairing vins - la maison est d'ailleurs particulièrement célèbre pour sa cave, la Riwyne, qui est l'une des plus importantes d'Europe.
Pour l'apéritif, Catherine opte pour un Brut de Brabant Blanc de Blancs 2020 du Domaine W, un effervescent belge ambitieux et particulièrement gastronomique. Daniel choisit quant à lui la cuvée LL de Champagne Joseph Perrier, élaborée spécialement pour Comme Chez Soi.
Notre première dégustation est un caviar d'aubergine et tomates, crumble d'herbes fraîches et gaufrettes aux herbes de Provence.
La deuxième mise en bouche se révèle plus marine, avec un tartare de rouget et d’écrevisse, accompagné d’un crémeux et d’un couscous de chou-fleur.
En troisième dégustation, nous recevons une préparation autour d’une anguille poêlée, accompagnée d’une sauce au vert et d’une écume de kéfir.
La dégustation suivante met les légumes et les saveurs végétales à l’honneur autour de petits pois, wasabi, marjolaine et couteaux, le tout relevé par un jus de carotte au gingembre. Une composition très printanière, à la fois fraîche et expressive.
Notre premier vin est un Ribolla Gialla 2024 du domaine Ermacora, dans le Frioul. Il accompagne un hamachi en tataki au yuzu ponzu, servi avec asperge verte, yaourt au raifort et œufs de saumon. Un plat d’une grande netteté aromatique.
Le service suivant, un artichaut poivrade en raviole à la ricotta et au Gruyère AOP, surmonté de caviar Osciètre et servi avec un consommé de feuilles d'artichaut et d’estragon, est accompagné d’un Jarrarte 2025 d’Abel Mendoza, un Rioja blanc précis et tendu, loin des expressions boisées plus traditionnelles de l’appellation.
Le plat suivant met à l’honneur un filet de barbue, accompagné de gingembre confit, de rhubarbe, d’un coulis de persil et relevé de poivre Ndongo Bella du Congo. L’accord proposé est un Vecchio Collezione du domaine Vecchio, signé Florence Giudicelli. Un blanc corse de caractère, ample mais tendu.
Le plat de viande met ensuite à l’honneur un carré de veau rôti et son tartare relevé au piment d’Espelette, accompagné de morilles fraîches et d’une sauce au vin jaune. Une composition classique et gourmande. L’accord surprend agréablement avec un Cabernet Sauvignon « Les Oiselles » 2022 du Domaine Dhomme, en Anjou-Villages.
Le dessert est une mousse et une glace légère à la fleur de jasmin, accompagnées de fraises et d’un croquant à l’huile d’olive. Une composition tout en délicatesse, aérienne et florale. Elle est accompagnée d’« Éclipse », un mousseux rosé méthode ancestrale élaboré par le Domaine des Pothiers sous la direction de Romain Paire, dans la Côte Roannaise, au sud de la Loire.
Nous prenons encore un café, accompagné par quelques mignardises.
En résumé, la maison démontre qu’elle demeure bien davantage qu’un monument du patrimoine gastronomique belge. Derrière le décorum intemporel et l’histoire prestigieuse, nous avons surtout retrouvé une cuisine actuelle, précise et élégante, capable de conjuguer héritage classique et sensibilité contemporaine sans jamais tomber dans la nostalgie figée. Les accords mets-vins, parfois inattendus, témoignent eux aussi d’une réelle volonté d’ouverture et de modernité.
Bien sûr, une telle expérience représente aujourd’hui un budget conséquent — nous avons payé 301 euros par personne pour le champagne, le menu 5 services, l'accord vins et le café — mais l’ensemble conserve cette impression d’harmonie et de continuité qui fait les grandes maisons. Cent ans après son ouverture, Comme Chez Soi continue ainsi de porter haut une certaine idée de la gastronomie bruxelloise : élégante, bourgeoise, mais toujours vivante.
Faut-il aller chez Comme chez Soi ? Cela demeure une expérience !
/image%2F0991603%2F20260511%2Fob_0d3ba7_img-8871.jpeg)
/image%2F0991603%2F20260511%2Fob_97eb27_img-8852.jpeg)
/image%2F0991603%2F20260511%2Fob_c3c585_img-8855.jpeg)
/image%2F0991603%2F20260511%2Fob_6d0fa0_img-8856.jpeg)
/image%2F0991603%2F20260511%2Fob_92d9db_img-4744.jpeg)
/image%2F0991603%2F20260511%2Fob_511b71_img-4746.jpeg)
/image%2F0991603%2F20260511%2Fob_fe750e_img-4748.jpeg)
/image%2F0991603%2F20260511%2Fob_01db5d_img-8864.jpeg)
/image%2F0991603%2F20260511%2Fob_77b170_img-4754.jpeg)
/image%2F0991603%2F20260511%2Fob_12e75e_img-4757.jpeg)
/image%2F0991603%2F20260511%2Fob_c30dc5_img-4758.jpeg)